{"id":1073,"date":"2020-01-10T18:49:16","date_gmt":"2020-01-10T17:49:16","guid":{"rendered":"https:\/\/clementresta-avocat.com\/?p=1073"},"modified":"2020-01-11T11:35:17","modified_gmt":"2020-01-11T10:35:17","slug":"mini-abus-de-droit","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/clementresta-avocat.com\/index.php\/2020\/01\/10\/mini-abus-de-droit\/","title":{"rendered":"Le mini-abus de droit, c&#39;est maintenant!"},"content":{"rendered":"\n<p>La loi de finances pour 2019 a instaur\u00e9 une nouvelle proc\u00e9dure permettant d\u2019\u00e9carter les montages consid\u00e9r\u00e9s comme abusifs car pr\u00e9sentant un but principalement fiscal.<\/p>\n\n\n\n<p style=\"color:#921a7c\" class=\"has-text-color has-background has-very-light-gray-background-color\">Rebaptis\u00e9 \u00ab&nbsp;mini-abus de droit&nbsp;\u00bb par les praticiens, le dispositif pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article L. 64 du Livre des Proc\u00e9dures Fiscales (LPF) entre concr\u00e8tement en vigueur au 1<sup>er<\/sup> janvier 2020, puisque ce dispositif pourra \u00eatre mis en \u0153uvre lors de l\u2019examen des actes pass\u00e9s ou r\u00e9alis\u00e9s \u00e0 compter de cette date et faisant l\u2019objet de rectifications notifi\u00e9es \u00e0 compter du 1<sup>er<\/sup> janvier 2021.<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#921a7c; font-size:20px\"><strong>Un mini-abus de droit ciblant les montages \u00e0 but principalement fiscal<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le nouvel article L.64 A du LPF offre \u00e0 l&rsquo;administration fiscale la possibilit\u00e9 \u00ab&nbsp;<em>d&rsquo;\u00e9carter, comme ne lui \u00e9tant pas opposables, les actes qui, recherchant le b\u00e9n\u00e9fice d&rsquo;une application litt\u00e9rale des textes ou de d\u00e9cisions \u00e0 l&rsquo;encontre des objectifs poursuivis par leurs auteurs, ont pour motif principal d&rsquo;\u00e9luder ou d&rsquo;att\u00e9nuer les charges fiscales que l&rsquo;int\u00e9ress\u00e9, si ces actes n&rsquo;avaient pas \u00e9t\u00e9 pass\u00e9s ou r\u00e9alis\u00e9s, aurait normalement support\u00e9es eu \u00e9gard \u00e0 sa situation ou \u00e0 ses activit\u00e9s r\u00e9elles<\/em>&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit, en effet, de restituer la v\u00e9ritable de port\u00e9e d\u2019actes qui, en r\u00e9alit\u00e9, sont motiv\u00e9s principalement par des objectifs fiscaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Dit autrement, il s\u2019agit d\u2019appr\u00e9cier le poids des objectifs non fiscaux qui pourraient \u00eatre attribu\u00e9s aux auteurs des actes en question, par comparaison au poids des objectifs fiscaux poursuivis par ces derniers.<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#921a7c; font-size:20px\"><strong>Le mini-abus de droit ou l\u2019extension de l\u2019abus de droit par fraude \u00e0 la loi<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, ce dispositif est directement inspir\u00e9 de l\u2019abus de droit codifi\u00e9 \u00e0 l\u2019article L.64 du LPF, dont il s\u2019\u00e9carte toutefois \u00e0 au moins deux \u00e9gards.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout d\u2019abord, dans ses composantes, le mini-abus de droit diff\u00e8re du dispositif pr\u00e9vu \u00e0 l\u2019article L.64 du LPF.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la proc\u00e9dure de droit commun de l\u2019abus de droit se d\u00e9compose classiquement, dans les situations qu\u2019il vise, en deux branches&nbsp;: les situations de fictivit\u00e9 juridique (abus de droit \u00ab&nbsp;par simulation&nbsp;\u00bb) et les montages ayant un but exclusivement fiscal (ou abus de droit \u00ab&nbsp;par fraude \u00e0 la loi&nbsp;\u00bb).<\/p>\n\n\n\n<p>Or le nouvel article L.64 A du LPF ne reprend pas la premi\u00e8re branche de l\u2019abus de droit \u00ab&nbsp;classique&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, il n\u2019est fait nul r\u00e9f\u00e9rence, comme le pr\u00e9voit express\u00e9ment l\u2019article L.64 du LPF, aux actes ayant un caract\u00e8re fictif.<\/p>\n\n\n\n<p>Ensuite, si la reconnaissance d\u2019une <strong>fraude objective \u00e0 la loi<\/strong> constitue bien une condition de mise en \u0153uvre du mini-abus de droit, \u00e0 savoir une application litt\u00e9rale de loi fiscale en contradiction avec l\u2019intention du l\u00e9gislateur, l\u2019intensit\u00e9 de la <strong>fraude subjective<\/strong>, \u00e0 savoir la poursuite d\u2019un but fiscal, est moins exigeante.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, l\u00e0 o\u00f9 la proc\u00e9dure de droit commun exige la poursuite d\u2019un but <em>exclusivement<\/em> fiscal, le nouveau mini-abus de droit fiscal se contente d\u2019un but <em>principalement<\/em> fiscal.<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#921a7c; font-size:20px\"><strong>L\u2019abus de droit&nbsp;: une fus\u00e9e \u00ab&nbsp;\u00e0 deux \u00e9tages&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Il faut garder \u00e0 l\u2019esprit que l\u2019instauration de l\u2019article L.64 A du LPF ne constitue pas une r\u00e9forme de l\u2019abus de droit, mais plut\u00f4t une extension de la proc\u00e9dure.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, la proc\u00e9dure de droit commun demeure applicable sans changement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019administration fiscale demeure donc libre d\u2019appliquer alternativement ces deux proc\u00e9dures, selon que les actes r\u00e9v\u00e8lent un but exclusivement ou simplement principalement fiscal.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ces deux proc\u00e9dures pr\u00e9sentent les m\u00eames garanties, \u00e0 savoir la possibilit\u00e9 de saisir le comit\u00e9 de l\u2019abus de droit fiscal, leur mise en \u0153uvre n\u2019emportent pas les m\u00eames cons\u00e9quences en mati\u00e8re de majorations.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, en cas de mise en \u0153uvre de la proc\u00e9dure de droit commun, un <strong>majoration de 40% ou 80%<\/strong> a vocation \u00e0 s\u2019appliquer (art. 1729 b. du CGI).<\/p>\n\n\n\n<p>Pour autant, aucune p\u00e9nalit\u00e9 sp\u00e9cifique n\u2019est pr\u00e9vue en cas de mise en \u0153uvre du mini-abus de droit.<\/p>\n\n\n\n<p>En th\u00e9orie, l\u2019administration est donc libre de pas appliquer de majorations.<\/p>\n\n\n\n<p>Plus vraisemblablement, la proc\u00e9dure de mini-abus de droit devrait conduire \u00e0 retenir l\u2019application de la majoration de 40% en cas de <strong>manquement d\u00e9lib\u00e9r\u00e9<\/strong> (art. 1729 a. du CGI) ou de 80% en cas de man\u0153uvre frauduleuse (art. 1729 c. du CGI).<\/p>\n\n\n\n<h2 style=\"color:#921a7c; font-size:20px\"><strong>L\u2019application d\u00e9licate du mini-abus de droit<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>En tout \u00e9tat de cause, ce nouveau dispositif apporte son lot d\u2019incertitudes.<\/p>\n\n\n\n<p>En effet, la mise en \u0153uvre du mini-abus de droit implique de comparer l&rsquo;avantage \u00e9conomique (ou juridique ou patrimonial etc.)&nbsp;et l&rsquo;avantage fiscal&nbsp;retir\u00e9s respectivement par le contribuable au titre de l&rsquo;op\u00e9ration critiqu\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Un tel exercice peut s\u2019av\u00e9rer p\u00e9rilleux en pratique, et expose les contribuables \u00e0 des interpr\u00e9tations divergentes de la part des juridictions du fond.<\/p>\n\n\n\n<p>Il est d\u2019ailleurs notable de relever qu\u2019un an apr\u00e8s son instauration les commentaires administratifs sur sa mise en \u0153uvre se font encore attendre.<\/p>\n\n\n\n<p><p style=\"color:#921a7c\" class=\"has-text-color has-background has-very-light-gray-background-color\">D\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent, les praticiens devront \u00eatre particuli\u00e8rement vigilants dans leur devoir de conseil lorsqu\u2019il s\u2019agira d\u2019orienter leurs clients, particuliers ou entreprises, dans leur d\u00e9cision de gestion ou d\u2019investissement.<\/p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La loi de finances pour 2019 a instaur\u00e9 une nouvelle proc\u00e9dure permettant d\u2019\u00e9carter les montages consid\u00e9r\u00e9s comme abusifs car pr\u00e9sentant un but principalement fiscal. 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